#Carêmentplus n°3 : le temps de Dieu

C’est déjà notre 3ème étape de cette route du Carême. Après avoir méditer sur le temps du Carême comme don pour guérir, après avoir essayé d’entendre comment le Maître veut nous aider à entrer dans le Temps de Dieu, nous voici rendu à nous demander qu’est ce que donc le temps de Dieu.

Il y a un peu plus d’un an sur notre ancien blog, je vous proposais un texte que j’ai souvent vu affiché dans les maisons d’amis ou de membre de nos familles, un poème tiré de l’ancien testament. Il s’agit de l’Ode au Temps situé au chapitre 3 du livre de l’Ecclésiaste ou Qohélet.

« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :

un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ;

un temps pour planter, et un temps pour arracher.

Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ;

un temps pour détruire et un temps pour construire.

Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ;

un temps pour gémir, et un temps pour danser.

Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ;

un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir.

Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ;

un temps pour garder, et un temps pour jeter.

Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ;

un temps pour se taire, et un temps pour parler.

Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ;

un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu’il prend ? J’ai vu la besogne que Dieu impose aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.

Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps.

Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin. »

Quohélet 3, 1-11

Ce texte est une merveille dans lequel le philosophe, fils de David, donne au Temps un caractère particulier. Il n’est pas de notre fait parce que constituer de la dualité de ce qui rythme nos vies. Il faut bien naître et mourir, rire et pleurer, garder et jeter…

C’est un réalisme cru qui nous révèle que le temps de nos vies, notre absolue première possession, n’a de sens que dans le dessein de Dieu.

Pour revenir un peu à ce texte; dans son rythme, il n’y a ni accélération ni annulation, toutes ces actions qui font notre vie existent avec leur contraire, elles tendent notre existence à l’extrême sans s’annuler. Elles existent chacune pour elles et pourtant ensemble.

On pourrait se contenter de ce constat et se dire: ainsi va nos vies. Cependant, à la lumière de nos expériences et de cette grâce du Carême, essayons ensemble d’apprécier ce temps qui nous est offert. Pauvreté et richesse de notre langue, dans cette occasion de Carême nous découvrons que notre compréhension et notre appréciation du temps est véritablement le don que Dieu veut nous faire aujourd’hui.

Mais pour comprendre le Temps de Dieu, il faut accepter d’une part, comme tout ce qui attrait au Maître de tout temps et de toutes choses que notre compréhension ne peut être que limitée et le fruit de la Grâce qu’ il nous fait aujourd’hui. D’autre part, il faut nous élever au-dessus de nos propres expériences, sortir de nous-mêmes pour s’ouvrir à l’universalité de Dieu.

Le Temps de Dieu dans la première partie du verset 11 est défini ainsi: « Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps »

C’est presque aussi simple que ça. Le Temps de Dieu est celui de notre vie, celui de son Amour. Dieu veut le bonheur de l’homme, c’est mon dogme, le postulat de ma foi. Alors  peu importe comment je définis les variations de mon temps, les différentes épreuves et réussites de mon parcours, si j’inscris mon temps dans le temps de Dieu, je découvre que ce temps est celui de notre rencontre, celui de la paix. Je ne connais pas le projet de Dieu pour moi, je peux sentir en moi quelque chose mais parfois je suis parasité par ce que je crois être le plan de Dieu pour moi. De même, il en est pour le Temps de Dieu, il ne s’agit pas de mes actions ou de ce que je crois que Dieu a programmé pour moi. Non, son Temps est intégralement tous les moments de nos vies, tout ceux où il nous rencontre, où il nous attend, où il nous aime.

Oui, toute chose est bonne car Dieu l’a voulu ainsi afin de nous faire goûter de tout cœur sa présence. C’est dans l’acceptation véritable de ce qu’est le temps de Dieu que nous pouvons accueillir tous les temps de notre vie, et nous libérer de la Tentation de posséder notre temps et tous ses événements .

Le Paradoxe de ce poème réside dans la suite du verset 11. Nous nous interrogeons très souvent sur Dieu, son projet, sa présence, son essence et nos réponses sont souvent limités par notre manque de capacité à trouver une réponse.

Pourtant, de même que pour le temps, Dieu nous a donné en notre esprit toute la profondeur, toute la grandeur de ce qu’il est, de qui il est.

Dieu ne se tient pas éloigner de nous en se rendant inaccessible par malice et frustration. Non, il est présent à l’Homme et pleinement révélé à lui. Mais de même que nous prenons du temps avant de connaître ceux que nous rencontrons, que nous considérons, de même tant que nous laissons pas Dieu être le Temps de nos Vies, nous prendrons le temps de notre vie pour connaître ce qui a toujours été là, inscrit de toute éternité.

C’est la beauté de ce message aujourd’hui, et si le Temps de notre Vie était à Dieu, pour Dieu , était Dieu lui-même.

Il m’a fallu du temps pour finir cet article, car parler de l’expérience du temps, de la bonté des épreuves quand nous avons toutes trois perdus un parent, des proches; quand notre être souffre de situation que nous n comprenons pas; ne sonnait pas juste. Quand j’ai arrêté de m’inquiéter de ne pas être à l’heure, j’ai découvert à travers l’émotion de l’histoire partagée d’un diacre de nos paroisses que c’est vrai que dans le temps, les temps du Vie, nous trouverons des dons que Dieu nous fait.

Juif né en 1930, il a connu et échappé de justesse par deux fois à la mort dans les affres de cette horreur de notre Humanité, il a été converti non par peur mais car Dieu s’est fait présent au travers de la fraternité. Il a vécu sa vie avec sa propre fratrie, avec ce passé, et quand il en parle l’émotion est forte, car ce témoignage qu’il livre est son testament de miséricorde et d’abandon. Peu importe quelle fût les temps de sa vie, c’était des Temps de Dieu.

Prenons conscience les amis, de la présence de Dieu quand j’accepte du fond de mon âme la bonté du temps de ma vie car c’est ainsi que Dieu l’a voulu. Dieu ne laisse tomber aucun de ses enfants. Vis cette Vie et Dieu te fera vivre de sa Vie.

Dieu est bon, en tout temps

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